Coût de l’essence : Québec veut abolir le prix plancher pour plus de compétitivité
Le gouvernement Legault a l'intention d'amender son projet de loi 69 sur l'énergie dans le but de favoriser des prix plus compétitifs à la pompe au Québec. Pour ce faire, la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, Christine Fréchette, mise sur l'abolition du prix plancher sur l'essence à travers la province, plutôt que de renoncer à son mécanisme de tarification du carbone. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a mis fin à la taxe fédérale sur le carbone imposée aux consommateurs, le 1er avril dernier. La Colombie-Britannique a supprimé sa propre taxe au même moment. L'Assemblée nationale a toutefois réitéré à l'unanimité son appui au Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (SPEDE), souvent appelé marché ou bourse du carbone, par l'adoption d'une motion, le 9 avril. Le Québec, qui a mis en commun son marché du carbone avec la Californie, est la dernière province à ne pas avoir abandonné son système de tarification, lancé en 2013. La Colombie-Britannique avait été la première province à instaurer un système de taxation du carbone en 2008, avant que le gouvernement de Justin Trudeau emboîte le pas en 2019. L'objectif premier de l'abolition du prix plancher est de stimuler la concurrence pour Cette annonce concorde avec les recommandations de l'étude sur le marché de la vente au détail de l’essence au Québec réalisée par Robert Clark, professeur d’économie à l’Université Queen’s, en mai 2024. Instauré dans les années 1990, Robert Clark, professeur d’économie à l’Université Queen’s, avait été mandaté par Pierre Fitzgibbon en février 2024, afin de produire une analyse sur les écarts de prix des carburants au Québec. Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny Cependant, M. Clark indique qu'une abolition seule ne risque pas de favoriser une concurrence du marché, cette mesure doit être accompagnée d'un régime de transparence des prix pour Mme Fréchette précise que les changements sur les tarifs sur l'essence des stations-service en temps réel seront disponibles sur un site web de la Régie de l'énergie, en 2026. L'ex-ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie Pierre Fitzgibbon s'était déjà engagé en 2024 à améliorer la transparence et la concurrence dans le marché de l'essence au Québec. Pour le professeur et directeur scientifique à l'Institut de l'énergie Trottier de Polytechnique Montréal, Normand Mousseau, il y a une incompatibilité entre la réalité climatique et le désir de baisser le prix de l'essence. Dans un contexte où on n'a pas aboli nos objectifs climatiques [...] le prix carbone au Québec [...] est une façon d'amener la décarbonation de notre société. Si on dit qu'on va baisser le prix de l'essence, on envoie un signal qui est l'inverse de ce qu'on voudrait faire. La PDG de l'Association des détaillants d'énergie du Québec, Sonia Marcotte, estime quant à elle que la mesure annoncée pourrait avoir pour effet de Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, s'est quant à lui réjoui de l’annonce sur l'abolition du prix plancher sur l’essence. Plusieurs automobilistes interviewés par Radio-Canada se disaient également en faveur de cette mesure gouvernementale, si elle entraîne les prix à la baisse. Avec des informations d'Aimée Lemieux
ultimement, faire en sorte que les consommateurs paient le meilleur prix possible à la pompe
, peut-on lire dans un communiqué du cabinet de la ministre Fréchette.le prix plancher n’a pas réussi à empêcher la sortie d’un grand nombre de petites stations-service ni à maintenir les prix plus bas que dans d’autres régions du Canada
, a-t-il expliqué.
aider les consommateurs à identifier les stations-service à bas prix [...] ce qui incitera les entreprises à baisser leurs prix pour attirer les clients
.Comme promis, nous poursuivons le travail afin d'augmenter la concurrence dans le secteur de l'essence, et ce, dans un esprit de libre marché. Le prix plancher, instauré dans les années 1990, n'a plus sa place. Le Bureau fédéral de la concurrence détiendra également des outils supplémentaires pour surveiller les prix dans chacune des régions
, ajoute l'adjoint parlementaire de la ministre Fréchette, le député Samuel Poulin.Réactions mitigées
faire sortir du marché certains détaillants
plus petits, donc incapables de soutenir une éventuelle guerre de prix des grandes bannières.On va se retrouver avec moins de stations-service, donc à terme moins de concurrence. Et quand il y a moins de concurrence, ce n’est pas bon pour les prix habituellement
, souligne-t-elle.C’est une bonne chose, mais ça ne changera malheureusement pas le prix à la pompe pour les automobilistes. Ce qu’il faut, c’est l’abolition de la taxe carbone au Québec
, énonce M. Duhaime.
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